Plonger dans les heures sombres de l'Argentine avec deux romans - 2nde partie -

Luz ou le temps sauvage d'Elsa Osorio est le second roman que j'ai découvert sur la période de la dictature. 
Cette fois, le point de vue se place du côté de ces bébés volés. L'intrigue se noue autour de Luz qui recherche son véritable père après 20 ans de quête. Elle, dont la naissance est entourée de mystère découvre jeune adulte qu'elle n'est pas cette petite-fille de général Argentin. 
Elle fait partie de ces milliers de bébés volés à leur naissance par la Junte à ces "subversifs" que Videla a décidé d'éliminer. C'est une victime de cette "guerre sale" comme elle se nomme en Argentine. 
Le roman nous entraine à la fois dans une chasse à l'homme, une quête de vérité, un suspens haletant nous tient du début à la fin. 
L'histoire de Luz c'est celle de nombreux adultes, devenus à leur tour parents qui font ressurgir les blessures et non dit du passé pour enfin faire éclater la vérité et se donner une chance de vivre enfin sans les fantômes du passé. 

-> Mon avis
 On ne reste pas indifférent à la lecture de Luz pour plusieurs raisons. 
Je n'ai pas tout aimé dans ce livre mais je le conseille néanmoins car il retrace vraiment le destin d'autres Luz. 
         Je trouve que l'auteur a réussi à tenir en haleine le lecteur en faisant de la discussion que Luz a au début du roman avec son "vrai" père le point de départ de "l'enquête". Ainsi, par le jeu de la mise en page (italique ou non) nous alternons l'histoire que narre Luz à son père et les échanges alors qu'elle a avec lui suscitant ses réactions. Ainsi, il est aisé de les imaginer, de sentir l'émotion, la gêne, la peur, la haine aussi. 
         De plus, les rebondissements sont nombreux et les "salauds" du livre ne le sont pas tous; il y a une volonté de montrer que l'humanité est en chacun de nous et qu'il est mal aisé de juger sans savoir et apprendre à connaitre. Personnellement, le personnage d'Edouardo, le père "adoptif" de Luz est très attachant et son déchirement intérieur est palpable. Il en est de même de Miriam mais aussi de Dolores, du frère d'Edouardo. J'ai aimé cette complexité des personnages et la façon dont l'auteur a rendu compte de leur bataille intérieure entre moral, raison et bienséance. 
         L'auteur a vraiment soigné les personnages. Ainsi, la "mère" de Luz rend compte de ces nantis issus du milieu des militaires argentins, aveuglés par l'idéologie. Le "grand-père" de Luz est l'archétype de cette élite prête à n'importe quelle bassesse et inhumanité sans pour autant se salir les mains directement ... l'homme de main étant endossé par celui qui se nomme (à juste titre) "La Bête".
          A l'inverse, ce qui m'a le plus gêné dans le roman c'est le style de l'auteur et le choix du franc parlé. Pour autant, l'intrigue est réelle, la tension palpable et on imagine aisément que Elsa Osorio a voulu ainsi retranscrire la réalité de l'Argentine des années 1970. 
          Enfin le choix du titre résume très bien la thématique ... faire la luz (lumière) sur le passé et la mémoire de l'argentine "sauvage". 

J'espère vous avoir donné envie ... 
Bonne lecture, c'est vraiment bouleversant et haletant

Emmanuelle




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